Le champ

Depuis le premier déconfinement en mai 2020, j’ai commencé à photographier presque quotidiennement le même champ d’herbes folles. À l’instar du chef d’œuvre de Vivaldi Les Quatre Saisons, la nature change de rythme, ici l’oseille sauvage est dominante, là-bas les graminées jouent leur partition. Les notes de musique sont les couleurs qui se réveillent au printemps, explosent en été, rougeoient sous les derniers feux du soleil d’automne et s’estompent sous le givre de l’hiver, autant de tableaux aux infinies variations.

Pourquoi ce champ plutôt qu’un autre ? Parce qu’il est rare de voir une terre en jachère. Il y a quelques années, l’ouvrage de Gilles Clément Le Tiers Paysage m’avait ouvert les yeux sur le sort des mauvaises herbes, l’intérêt écologique et symbolique qu’elles représentent et l’importance de leur laisser une place, tant les pratiques agricoles les ont bannies de nos paysages communs.